Comment être payé pour scanner le monde en 3D
OVER a pour mission de créer un jumeau numérique du monde.

OVER a pour mission de créer un jumeau numérique du monde. Dans cet épisode, nous allons découvrir comment OVER révolutionne l'informatique spatiale et permet aux créateurs de concevoir des expériences en réalité augmentée précises, tout en récompensant les contributeurs grâce à son programme "Map-to-Earn". Découvrez comment son système de positionnement visuel (VPS) surpasse le GPS traditionnel et comment l'avenir de la réalité augmentée se construit, une carte 3D à la fois.
Interview avec Diego Di Tommaso
Comment OVER crée-t-il la plus grande carte 3D en réalité augmentée du monde, et où en êtes-vous aujourd’hui ?
Diego Di Tommaso : Chez OVER, notre objectif principal est de créer une carte 3D des lieux les plus importants du monde. Nous pensons que ces données sont la clé pour débloquer l’avenir de la réalité augmentée. Le GPS traditionnel n’est tout simplement pas assez précis : sa précision est limitée à quelques mètres et il ne fonctionne pas du tout en intérieur. C’est pourquoi nous développons un système de positionnement visuel (VPS), qui permet de placer des expériences en réalité augmentée exactement là où elles doivent être dans le monde réel.
À ce jour, nous avons généré 68 000 cartes 3D et nous enregistrons une croissance de 30 % par mois. Nous avons commencé avec seulement 300 cartes par mois, et aujourd’hui, nous en produisons plus de 8 000. Notre succès repose sur une approche décentralisée : des personnes du monde entier contribuent en cartographiant des lieux, et elles sont récompensées pour cela.
En quoi consiste exactement le programme “Map-to-Earn” et comment peut-on y participer ?
Diego Di Tommaso : Le programme Map-to-Earn permet à n'importe qui possédant un smartphone de participer à la cartographie du monde. Si vous cartographiez un lieu qui nous intéresse, nous achetons ces données. Vous pouvez également transformer votre carte en NFT et la vendre indépendamment. L'idée est que les contributeurs possèdent les données qu’ils génèrent, contrairement aux plateformes Web traditionnelles où les entreprises collectent des données gratuitement.
Les paiements varient entre 0,90 $ et 3 $ par carte, mais nous avons aussi des récompenses “Treasure AR”, où certains lieux offrent entre 10 $ et 1 250 $.
Comment les participants sont-ils rémunérés pour leurs cartes ?
Diego Di Tommaso : Actuellement, les participants gagnent des tokens OVER, qu’ils peuvent stocker dans un portefeuille et utiliser dans notre écosystème. Mais nous ajoutons une option permettant de convertir ces gains en cartes-cadeaux du monde réel. C'est une solution idéale pour ceux qui ne s'intéressent pas aux cryptomonnaies mais veulent tout de même participer. Vous pouvez donc cartographier un lieu, gagner des points, puis les échanger contre une carte cadeau Amazon sans jamais avoir besoin d’un portefeuille crypto.
Comment fonctionne la numérisation d’un lieu ? Faut-il du matériel spécifique ?
Diego Di Tommaso : Aucun matériel spécifique n'est nécessaire, seulement un smartphone. Nous avons conçu l’application pour fonctionner sans LiDAR, afin que toute caméra RGB standard puisse être utilisée.
Le processus ressemble à l’enregistrement d’une vidéo, sauf qu’au lieu de sauvegarder un fichier vidéo, nous extrayons des images et reconstruisons la scène en 3D. La cartographie d'une zone de 300 m² prend environ 3 à 5 minutes et génère de 400 Mo à plusieurs Go de données. Une fois la capture terminée, les données sont envoyées à nos serveurs, où nos clusters GPU les transforment en modèle 3D grâce à des techniques basées sur Gaussian Splatting.
Pourquoi le VPS est-il meilleur que le GPS pour la réalité augmentée ?
Diego Di Tommaso : Le GPS est efficace pour la navigation, mais il est beaucoup trop imprécis pour la réalité augmentée. Dans les meilleures conditions, il offre une précision de 4 à 6 mètres en extérieur, et ne fonctionne pas du tout en intérieur.
C’est suffisant pour Pokémon GO, où les objets n’ont pas besoin d’être placés précisément, mais insuffisant pour des cas comme la publicité AR, la signalétique numérique ou des expériences interactives qui doivent être parfaitement alignées avec le monde réel.
Le VPS, en revanche, peut atteindre une précision au centimètre près en comparant ce que voit la caméra avec une carte 3D de l’environnement. Cela permet de créer des expériences vraiment ancrées dans le monde réel.
En quoi l’approche d’OVER est-elle différente de celle de Google et Niantic ?
Diego Di Tommaso : Google cartographie principalement le monde pour la navigation, pas pour la réalité augmentée. Leurs données sont collectées par des voitures équipées de caméras 360°, ce qui donne une couverture dense dans les villes, mais limitée ailleurs.
Niantic construit également une carte 3D, mais leurs données proviennent des joueurs de Pokémon GO, donc la qualité est inégale.
Chez OVER, nous avons conçu notre carte spécifiquement pour la réalité augmentée. Nos cartes sont générées à partir de milliers d’images par lieu, les rendant beaucoup plus détaillées que celles de Google, qui ne prend que des images depuis une voiture en mouvement.
Notre objectif n’est pas seulement de savoir où se trouvent les choses, mais de créer un cadre où le contenu AR peut exister dans des espaces réels avec un alignement parfait.
Quel type d’expériences AR peut-on créer avec OVER ?
Diego Di Tommaso : Nous avons vu des utilisations vraiment surprenantes. Un utilisateur a construit une interface AR pour contrôler des appareils connectés. D’autres reconstruisent des sites historiques, montrant à quoi ressemblaient des bâtiments anciens.
Il y a même un créateur qui développe une bande dessinée interactive en AR !
Dans le commerce, des marques ont utilisé OVER pour créer des vitrines virtuelles. Les possibilités sont illimitées, et nos outils permettent aux créateurs d’expérimenter facilement.
Quels outils OVER met-il à disposition des créateurs ?
Diego Di Tommaso : Nous proposons deux outils principaux :
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Un éditeur visuel accessible depuis un navigateur, pour des expériences en glisser-déposer.
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Un SDK Unity pour les développeurs cherchant plus de contrôle.
Si vous utilisez Unity, vous pouvez directement déployer des expériences AR sur nos cartes compatibles VPS. Nous travaillons aussi sur une solution en marque blanche pour les entreprises voulant utiliser notre technologie sans se soucier de la blockchain.
Comment la propriété des terrains numériques et la réalité augmentée sont-elles liées ?
Diego Di Tommaso : Nous ne considérons pas nos emplacements numériques comme de simples “terrains” : nous les appelons “domaines spatiaux”.
De la même manière qu'il faut un nom de domaine pour héberger un site Web, il faut un domaine spatial pour publier du contenu AR dans un espace physique.
Nos utilisateurs ont déjà acheté plus de 870 000 emplacements, et nous utilisons ces données pour prioriser les zones à cartographier. À terme, nous voulons décentraliser ce système, afin qu’aucune entreprise ne contrôle ce qui peut être publié en AR.
Comment OVER va-t-il évoluer avec l’arrivée des lunettes AR ?
Diego Di Tommaso : Nous pensons que les lunettes AR vont tout changer. Aujourd’hui, la réalité augmentée est limitée par le fait que les utilisateurs doivent tenir leur téléphone.
Une fois que des lunettes AR légères et de haute qualité deviendront courantes, nous verrons une explosion du contenu AR.
Notre objectif est d’être la principale plateforme pour publier des expériences spatiales dans cet avenir. Comme pour le Web, il y aura plusieurs plateformes concurrentes, et nous voulons qu’OVER soit l’une d’elles, construite sur une base décentralisée et appartenant aux utilisateurs.
Un dernier mot ?
Diego Di Tommaso : Nous en sommes encore aux débuts de l’informatique spatiale, mais les choses avancent rapidement. Le plus grand défi est la cartographie du monde, et nous avons trouvé un moyen de le faire à grande échelle tout en récompensant les contributeurs.
À mesure que les dispositifs AR s’améliorent, le besoin d’un Web spatial ouvert et décentralisé deviendra évident. C’est ce que nous construisons chez OVER, et nous avons hâte de voir comment les créateurs vont repousser les limites de cette technologie !
Retrouvez l'interview complète en anglais ici.
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