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Valentin Auvinet (Decathlon) - “Les mondes virtuels rendent la pratique du sport plus facile et plus simple.”

Le Chief Metaverse Officer de Decathlon répond à nos questions.

sport kayak animal crossing

Valentin Auvinet est Chief Metaverse Officer chez Decathlon en charge du sujet Web3. Basé au siège de l’enseigne à Lille, ses responsabilités incluent une partie 3D, monde virtuel, métaverse et un autre segment axé blockchain. Pour Bright, il répond à nos questions.

À quel moment est-ce que Decathlon se dit « On va lancer un poste de Chief Metaverse Officer » ?

L'histoire vient d'une collaboration qu'on a faite sur un jeu de tennis de table qui s'appelle Eleven Table Tennis. On s'est rendu compte que jouer en VR enlevait beaucoup de contraintes du monde physique comme le fait d'avoir une table, de stocker une table et de trouver un adversaire. Le fait d'être en VR permet finalement de jouer contre quelqu'un qui se trouve à l'autre bout du globe depuis son canapé ou depuis son salon.


On s'est rendu compte que c'était vraiment un game changer au niveau de la pratique du sport et on s'est dit qu'il fallait qu'on aille explorer finalement tous ces mondes virtuels pour rendre la pratique plus facile, plus simple depuis le domicile de l'utilisateur.

Quel est votre objectif avec cette stratégie métaverse ?

Il y a beaucoup de gens dans les mondes virtuels et on s’est demandé comment peut-on les mettre au sport ? Parce qu'aujourd'hui, ce sont des mondes où on est derrière un écran ou un téléphone, sans action ou sans mobilité. Et on s'est dit qu'il y a peut être une opportunité à les chercher pour mettre les gens au sport via ce canal là et toucher les plus jeunes.

L’objectif, c'est aussi de détecter les opportunités qui sont liées au web3. Donc on parle des mondes 3D, mais aussi de la blockchain, des NFTs et des cryptomonnaies. Et donc mon rôle est vraiment d'aller voir ce qui est possible de faire aujourd'hui et demain et avec les différents acteurs chez Decathlon, de trouver les meilleurs avantages pour nos utilisateurs et pour les marques de Decathlon pour leur proposer des nouvelles expériences immersives de manière différente. Ou alors vraiment de changer le mode de fonctionnement actuel, ne serait-ce qu'avec la blockchain, la traçabilité d'amener des nouveaux outils qui offrent de nouvelles perspectives et de nouvelles opportunités. C'est quelque chose d'important.

Après, je fédère également l'ensemble des équipes parce que les sujets sont transverses. Je touche bien avec les équipes du design, du juridique, de la finance, de la supply, de la conception, du marketing avec des opportunités multiples. Donc j'essaye de trouver le meilleur usage, de leur proposer de voir ce qu'on peut tenter et tester ensemble. Et après si on voit un vrai intérêt et on se donne les capacités d'aller plus vite et encore plus fort.

Chez Decathlon il y a un aspect retail majeur, qui est concret, physique avec des expériences réelles, qui vont au-delà du métaverse. Quelle est votre approche de ce côté là ?

On a déjà lancé une expérience immersive en magasin au Japon. C'était lancé l'année dernière et c'est encore disponible à Tokyo, qui est une expérience finalement qui permet de pratiquer un sport entre le physique et le virtuel. C'est dans un stand, on commence dans le monde physique, il y a le tir à l'arc, le football et le baseball. On fait le mouvement, par exemple, on tire dans le ballon, ça part contre un écran et finalement, toute la fin du lancer est simulée de manière virtuelle.

Ça permet de se challenger entre amis, de tester les produits de manière immersive et sans équipement pour l'utilisateur, parce qu'il a juste à venir s'installer, prendre un produit Decathlon, et l'essayer, et tout le reste est virtualisé pour lui rendre la meilleure expérience possible.

Quel est l'intérêt de la 3D et des mondes virtuels pour le sport ?

La 3D et notamment les mondes immersifs via des lunettes de réalité augmentée ou de VR, permettent aussi d'avoir des environnements ultra immersifs depuis son domicile. Si, par exemple, on veut aller faire du kayak dans le Grand Canyon aujourd'hui, il faut se déplacer. Le fait d'avoir des VR et des nouveaux moyens de captation, de diffusion permet finalement de faire des activités sportives depuis un autre lieu de pratique et de manière mondiale.

Il y a également une autre expérience qu'on a développée qui est un tapis de marche connectée où on utilise un petit objet qu'on met à la chaussure, on marche sur un tapis et grâce à la réalité virtuelle ou un ordinateur ou une tablette, on est projeté dans une forêt et donc ça permet d'avoir une activité sportive de manière différente et complètement immersive. On peut imaginer demain intégrer d'autres avatars ou d'autres sports pour pratiquer de manière différente et immersive depuis chez soi.

Quel est votre monde virtuel préféré chez Decathlon ?

On les regarde tous et chaque monde virtuel a son propre usage et sa propre audience, donc en fonction de l'audience qu'on doit vouloir toucher, on va sélectionner la meilleure plateforme. Alors, on ne s'interdit aucune plateforme et au contraire, on est on est vraiment en train de vraiment tous les observer. Il y en a avec lesquels on collabore déjà et on devrait avoir des choses qui vont sortir prochainement.

Il y a des plateformes type Fortnite, Roblox ou Minecraft qui ont un avantage, c'est qu'elles sont déjà massivement multijoueur. Il y a déjà des millions de joueurs en temps réel, des centaines de millions de joueurs actifs tous les mois. Donc quand on veut aller toucher une clientèle jeune immédiatement, c'est le meilleur endroit. Après, ce sont des jeux vidéo avec des expériences finalement dédiées. On n'est pas, on n'est pas dans du métaverse comme on l'entend dans la définition de interopérable ou avec des monnaies d'échange.

Et puis pour les métaverses émergents. Ils ont la force d'avoir ce côté interopérable. Donc nous on regarde pour rendre les objets Decathlon compatibles avec leur monde, pour que quand ils vont devenir massivement multijoueurs, que les gens puissent dès le départ importer des objets Decathlon dedans.

Vous avez aussi mis en place des espaces de collaboration chez Decathlon, comment est-ce qu’on arrive à mêler monde virtuel et communication interne ?

On a effectivement développé des mondes virtuels en interne pour les collaborateurs, pour qu'ils découvrent aussi les univers virtuels et comment ça fonctionne. On a par exemple organisé un Event complet dans un monde 3D avec des visioconférences et le fait d'être dans un univers virtuel avec des avatars permet finalement des échanges beaucoup plus forts entre les entre les collaborateurs qu'il n'y a pas avec une simple visio. Et ça, ça a été très très apprécié.

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Ça sert à quoi un avatar dans un monde virtuel sportif ?

L'avatar, dans le sport, permet plusieurs choses. D’abord de visualiser son mouvement en le revoyant après s'il n’est pas bien fait, s'il est pas bien je peux l’améliorer. Et après, dans un univers vraiment de communauté sociale, c'est aussi important de pouvoir échanger avec d'autres utilisateurs. Là, l'avatar prend tout son sens. Si je vais faire du tir à l'arc dans les mondes virtuels, je peux être à côté de quelqu'un que je connais et je peux le reconnaître grâce à son avatar.

Notre image de marque par aussi par des items, on a signé des collaborations avec la plateforme de cyclisme Zwift, dans laquelle tous nos vélos et nos équipements de vélo de course sont disponibles, les gens peuvent finalement pratiquer avec le même matériel dans la vie réelle et la vie virtuelle. Et ça a été un beau succès. C'est ce qui nous a encouragés à aller plus fort. Et d'ailleurs, depuis peu, si vous jouez à FIFA 2023, vous verrez que notre ballon est également présent dans le jeu vidéo. Donc, pour nous, c'est aussi très important d'améliorer la notoriété de notre marque via le canal de jeu vidéo.

C’est quoi la suite pour Decathlon ?

Alors aujourd'hui, on ne s'interdit rien. On pense qu'on a de la valeur en s'intégrant dans des mondes existants où des jeux vidéo. On a aussi une forte volonté d'être présents là où les gens sont déjà présents. On regarde aussi comment on permet aux utilisateurs de pouvoir pratiquer du sport avec des objets Decathlon.

Je pense qu'aujourd'hui la principale difficulté ou le prochain objectif, c'est de rendre vraiment grand public les mondes virtuels. Autant la partie jeux vidéo est déjà grand public, on est plutôt sur quelque chose d'un nouvel usage et d'une opportunité. Par contre, sur les sujets Web3 du type blockchain, NFTs, cryptomonnaies, on est encore au tout début. Aujourd'hui, c'est encore compliqué d'ouvrir un portefeuille de cryptomonnaies, d'obtenir un NFT. Donc nous on fait tout pour rendre le système le plus simple possible. Mais je pense que ça passera par l'adoption des clients et plus on arrivera à prouver l'usage et l'intérêt, plus l'adoption sera grande et donc plus le sujet deviendra grand public.

Pour aller plus loin :

Guide tendances communication 2023